Samedi 18 février 2006
Bonjour à tous
Me voilà donc ici pour reprendre mes aventures hospitalières...
Jeudi
J'ai fait le jour.
Il y avait du boulot et j'ai préféré prendre les suites de couches même si j'ai du courir partout et faire quelques consultations pendant que Collègue était occupée sur des accouchements.
J'aurais pu faire la salle mais je voulais reprendre à un moment tranquille pour être soutenue si besoin et surtout je savais que vendredi, Collègue me ferait prendre la salle.
Vendredi nuit
Collègue me dit tout de suite qu'elle a fait exprès de me laisser la salle mais qu'elle serait là si besoin.
J'avais vu juste ;)
2 dames sont en attente : une qui était déclenchée je ne sais plus pour quelle raison non-valable et qui devrait l'être le lendemain suivant ce que dira le médecin, malgré le fait que l'on trouve cela inutile.
Une autre femme était là pour suspicion de rupture. C'était un premier bébé et avait qqes contractions. Le monito du soir est bon, je l'ai laissé longtemps.... Il faut dire que suite aux évènements précédents, je suis beaucoup moins rassurée.
Elle m'a rappelé dans la nuit pour me dire que ses contractions s'étaient rapprochées et elle ne savait pas si elle devait me le dire.
Collègue voulait que je lui donne un suppo de salbu (pour arrêter toutes les contractions qui ne servent à rien) et un comprimé de somnifère. Avant, je l'aurais donné sans problème, maintenant j'ai la hantise de ce qui pourrait se passer plus tard donc je ne voulais pas lui donner.
J'ai donc donné le suppo en disant à la dame qu'on attendrait de voir si le bébé va bien pour prendre la moitié du cachet.
Le bébé allait bien et les contractions s'étaient espacées. Je lui ai donc proposé de ne prendre aucun cachet et de se reposer. Elle ne me rappellera pas de la nuit.
A 0h50 , une deuxième pare arrive : elle voudrait qqe chose pour les douleurs et repartir. Elle avait peu de liquide amniotique (diagnostiqué avant)
Mais ça ne se passe pas comme ça madame ;) Elle a eu droit à un monito de 1 heure. Elle est arrivé à 1 doigt large avant le monito et était à 2 doigts justes après. ca s'était donc modifié un peu et elle avait des contractions douloureuses.
J'ai préféré la garder en lui disant que sinon elle risquait de revenir très vite.
"Avouez que vous regrettez d'être venue" Oui.
A 03h20 elle est à 3-4 cm.
Je lui indique que si elle veut une péri, ce serait bien d'y aller maintenant car après ça risque d'être trop tard. Mais aller en salle tout de suite et y rester plusieurs heures l'embêtent. Là, je me dis qu'elle ne veut peut-être pas la péri en fait.
Le temps d'une douche et elle me rejoint finalement. Elle est à 5cm quand j'appelle l'anesthésiste.
"-Vous voulez pas faire sans péridurale?
- Si vous voulez"
Oui je veux mais non ce n'est pas moi qui décide. J'ai hésité c'est vrai, mais encore bouleversée par samedi, je n'ai pas pu faire ce choix et l'assumer pour elle. j'ai donc appeler l'anesthésiste en espérant que ce soit trop tard.
L'anesthésiste est vite arrivé, la dame est passé à 7cm. J'en ai parlé à l'anesthésiste (vraiment je suis désolée mais à moins de faire une toute petite dose, il vaudrait mieux pas). Je veux bien être bouleversée mais je ne suis pas folle, j'aurais juste essayé...;) !
Puis vint le moment de pousser : j'ai tenu le capteur comme jamais, je ne voulais pas lacher le coeur du bébé ne serait-ce qu'une seconde.
La maman a commencé à paniquer et ne plus vouloir pousser. Son bébé avait fait une décélération mais allait super bien après. En d'autres temps, j'aurais attendu un peu, changé de position, à 4 pattes directement. Oui le 4 pattes, c'était la position qu'il lui fallait, mais le 4 pattes c'était aussi la position de la dernière fois.
Sur le côté puis sur les cale-pieds, elle n'était pas très bien, cela faisait 25 minutes, j'ai appelé le médecin. Parce qu'on était samedi matin et qu'il y avait eu un autre terrible samedi avant celui-la.
Au moment où il mettait la ventouse, la femme retrouvait la force de pousser. Comme on se disait : c'était plus une ventouse psychologique qu'autre chose ! ;)
05h47 c'est une fille de 2810g, en pleine forme.
A l'heure où j'écris ces quelques lignes, je suis émue. tant de similitude entre ces 2 femmes formidables, tant de points communs. Dès son arrivée, j'ai compris que ce serait le même type d'accouchement, que, moi qui croit en Dieu, elle était là pour m'aider, pour me redonner des images positives de naissance.
Un même contexte, 2 fins différentes.
Il me faudra du temps pour reprendre confiance.
Vous voyez mesdames, quand une sage-femme vous attache à un monito et médicalise bcp votre accouchement, c'est peut-être parce qu'elle vient de vivre un décès maternel ou foetal....
Me voilà donc ici pour reprendre mes aventures hospitalières...
Jeudi
J'ai fait le jour.
Il y avait du boulot et j'ai préféré prendre les suites de couches même si j'ai du courir partout et faire quelques consultations pendant que Collègue était occupée sur des accouchements.
J'aurais pu faire la salle mais je voulais reprendre à un moment tranquille pour être soutenue si besoin et surtout je savais que vendredi, Collègue me ferait prendre la salle.
Vendredi nuit
Collègue me dit tout de suite qu'elle a fait exprès de me laisser la salle mais qu'elle serait là si besoin.
J'avais vu juste ;)
2 dames sont en attente : une qui était déclenchée je ne sais plus pour quelle raison non-valable et qui devrait l'être le lendemain suivant ce que dira le médecin, malgré le fait que l'on trouve cela inutile.
Une autre femme était là pour suspicion de rupture. C'était un premier bébé et avait qqes contractions. Le monito du soir est bon, je l'ai laissé longtemps.... Il faut dire que suite aux évènements précédents, je suis beaucoup moins rassurée.
Elle m'a rappelé dans la nuit pour me dire que ses contractions s'étaient rapprochées et elle ne savait pas si elle devait me le dire.
Collègue voulait que je lui donne un suppo de salbu (pour arrêter toutes les contractions qui ne servent à rien) et un comprimé de somnifère. Avant, je l'aurais donné sans problème, maintenant j'ai la hantise de ce qui pourrait se passer plus tard donc je ne voulais pas lui donner.
J'ai donc donné le suppo en disant à la dame qu'on attendrait de voir si le bébé va bien pour prendre la moitié du cachet.
Le bébé allait bien et les contractions s'étaient espacées. Je lui ai donc proposé de ne prendre aucun cachet et de se reposer. Elle ne me rappellera pas de la nuit.
A 0h50 , une deuxième pare arrive : elle voudrait qqe chose pour les douleurs et repartir. Elle avait peu de liquide amniotique (diagnostiqué avant)
Mais ça ne se passe pas comme ça madame ;) Elle a eu droit à un monito de 1 heure. Elle est arrivé à 1 doigt large avant le monito et était à 2 doigts justes après. ca s'était donc modifié un peu et elle avait des contractions douloureuses.
J'ai préféré la garder en lui disant que sinon elle risquait de revenir très vite.
"Avouez que vous regrettez d'être venue" Oui.
A 03h20 elle est à 3-4 cm.
Je lui indique que si elle veut une péri, ce serait bien d'y aller maintenant car après ça risque d'être trop tard. Mais aller en salle tout de suite et y rester plusieurs heures l'embêtent. Là, je me dis qu'elle ne veut peut-être pas la péri en fait.
Le temps d'une douche et elle me rejoint finalement. Elle est à 5cm quand j'appelle l'anesthésiste.
"-Vous voulez pas faire sans péridurale?
- Si vous voulez"
Oui je veux mais non ce n'est pas moi qui décide. J'ai hésité c'est vrai, mais encore bouleversée par samedi, je n'ai pas pu faire ce choix et l'assumer pour elle. j'ai donc appeler l'anesthésiste en espérant que ce soit trop tard.
L'anesthésiste est vite arrivé, la dame est passé à 7cm. J'en ai parlé à l'anesthésiste (vraiment je suis désolée mais à moins de faire une toute petite dose, il vaudrait mieux pas). Je veux bien être bouleversée mais je ne suis pas folle, j'aurais juste essayé...;) !
Puis vint le moment de pousser : j'ai tenu le capteur comme jamais, je ne voulais pas lacher le coeur du bébé ne serait-ce qu'une seconde.
La maman a commencé à paniquer et ne plus vouloir pousser. Son bébé avait fait une décélération mais allait super bien après. En d'autres temps, j'aurais attendu un peu, changé de position, à 4 pattes directement. Oui le 4 pattes, c'était la position qu'il lui fallait, mais le 4 pattes c'était aussi la position de la dernière fois.
Sur le côté puis sur les cale-pieds, elle n'était pas très bien, cela faisait 25 minutes, j'ai appelé le médecin. Parce qu'on était samedi matin et qu'il y avait eu un autre terrible samedi avant celui-la.
Au moment où il mettait la ventouse, la femme retrouvait la force de pousser. Comme on se disait : c'était plus une ventouse psychologique qu'autre chose ! ;)
05h47 c'est une fille de 2810g, en pleine forme.
A l'heure où j'écris ces quelques lignes, je suis émue. tant de similitude entre ces 2 femmes formidables, tant de points communs. Dès son arrivée, j'ai compris que ce serait le même type d'accouchement, que, moi qui croit en Dieu, elle était là pour m'aider, pour me redonner des images positives de naissance.
Un même contexte, 2 fins différentes.
Il me faudra du temps pour reprendre confiance.
Vous voyez mesdames, quand une sage-femme vous attache à un monito et médicalise bcp votre accouchement, c'est peut-être parce qu'elle vient de vivre un décès maternel ou foetal....
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