Je viens de retomber sur un magazine reçu récemment (envoyé par l'assurance professionnelle). C'est le rapport de
tous les litiges 2007.
Spécialité par spécialité, on reprend le nombre de litiges, l'explication brève du motif de la plainte.
Forcément, je vais voir l'obstétrique.
25 déclarations pour mauvais suivi de la grossesse. Près de la moitié pour des malformations non détectées, ou des plaintes pour diagnostic tardif.
Je peux comprendre le choc d'une annonce d'un handicap. Et souvent on se dit que le plus tôt on sait, le plus tôt on peut avoir recours à une IMG et moins on souffre. Est-ce vrai ?
Est-ce qu'on souffre moins lorsqu'on interrompe sa grossesse plus tôt ? Est-ce qu'on souffre moins de porter plainte contre le médecin qui a découvert tardivement (27SA) un bras en moins et une
main mal formée?
Moi qui ne vit pas ces situations, je me dis que la médecine ne va rien changer au fait qu'on attend un enfant malformé. A qui la faute ?
La douleur, la peur et une multitude d'émotions sont là quand on vous annonce un diagnostic difficile. Je ne nie pas cela mais la médecine est exercée par des Hommes et l'Humain n'est pas
parfait.
Il y a aussi un cas de plainte pour trisomie 21 non détectée alors que les parents avaient refusé l'amniocentèse.
Et enfin je vois 3 cas d'IVG avec poursuite de la grossesse et naissance d'un enfant normal. Donc si je comprend bien, les femmes ont porté plainte/réclamations car elles ont eu un enfant dont
elles ne voulaient pas.
Comme je ne connais pas les détails, je ne peux pas juger, mais...
Ont-elles eu leur écho post ivg? L'IVG était-elle décidée car ce n'était pas le moment d'avoir un enfant, parce que la grossesse résulte d'un viol, etc...?
On a une obligation de moyen pas de résultat car la médecine n'est pas une science exacte.
Parfois, je me dis que les gens l'oublient.
Mais avouez que tout cela fait peur.
Alors on se protège en hypermédicalisant. Aussi parce qu'on ne connait pas le couple en face et que si on accède à leur demande mais qu'il y a un problème ensuite, qu'ils se retournent contre nous,
on sait qu'on aura perdu d'avance.
1 procès par vie de sage-femme, les stats le disent...
Ca fait peur mais je suis convaincue qu'en étant le plus honnête avec les couples et avec soi-même, on peut éviter beaucoup de ces plaintes, rendant meilleur le vécu des patientes et de les
conjoint(e)s.
Alors oui, je continuerai de demander l'accord d'une femme avant de l'examiner, avant de rompre, mettre du synto,
de proposer et non d'imposer un décollement des membranes, etc, etc...
Je ferai au mieux et peut-être qu'un jour je me tromperai.
Oui, peut-être qu'un jour je me tromperai. J'espère que mes patients alors seront compréhensifs car j'aurais fait
de mon mieux.
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