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Jeudi 31 janvier 2008
Je me suis toujours demandé si ça m'arrivait "réagirais-je à temps?" . Est-ce que je ne perdrais pas de temps avec des gestes inutiles? Est-ce que je ne m'affolerais trop tôt, trop vite ?

J'ai eu quelques bradycardies, mais c'était toujours après mon passage dans la salle et quand je revenais, c'était fini, le rythme était à nouveau bon.

Mais  cette fois, j'étais là.  Je voyais bien que depuis la pose de péridurale, le rythme n'était plus le même. Toujours bien, mais différent. A peine quelques amorces (et encore) de probables ralentissements.
Et là, sans crier gare,  la bradycardie. La grosse bradycardie, celle qui descend tellement bas que le monito trace un trait plat (en dessous de ses limites); ce que je verrais après. Le gynéco me dira après qu'à l'écho il ne voyait presque plus battre le coeur.
ça n'a fait qu'un tour dans ma tête "tant pis si on pense que j'en fais trop, je le fais" Je n'ai pas pris le temps de voir si ça allait remonter (ou alors 10 secondes): arrêt du synto, oxygène, sonde à demeure, appel du gynéco, du bloc, de tout le monde pour une césarienne.
Le stress monte pour tout le monde, j'ai du mal à  ouvrir le pack de sonde...

On emmène la dame au bloc. "Dépêchez-vous, on s'en fout du lavage des mains"

Et la pédiatre qui  n'a pas encore traversé le couloir . Et moi qui prie pour ne pas faire une méga réa, seule.

7 minutes après le début de la décélération, 7 minutes après que j'ai tourné la tête alertée par le coeur qui ralentissait, il était là.

En pleine forme.
par Llythie publié dans : llythie : mon boulot
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Dimanche 13 janvier 2008
Et oui, en ce moment c'est très très calme. Mais à en croire  les tiroirs surchargés de dossiers, ça ne devrait pas trop durer !

Pour en revenir à l'article précédent,  il s'agissait plus de questionnements que de réels doutes.
Dans ce cas, je jugeais l'épisio inutile, la dame en voulait une et si je n'avais pas coupé, peut-être aurais-je bien fait.
Mais si ça avait été l'inverse ? Elle n'en aurait pas  voulu, je l'aurais estimée nécessaire et j'aurais coupé. Aurai-je bien fait ? Pourtant, c'est le même questionnement.

Après avoir réfléchi sur le sujet j'en suis venue à la conclusion que (attention tenez-vous bien c'est très recherché) :
c'était finalement cela mon travail de sage-femme,  savoir ou essayer de faire au mieux.

D'où les diverses pratiques car "le mieux" pour une (sf) n'est pas le mieux pour l'autre.

Bref,  après  cela, le sujet du jour : le pouvoir de l'esprit (tadam)

On ne le dit jamais assez, c'est la femme qui accouche, pas son médecin...c'est donc à elle et son bébé de travailler.

Ainsi, j'ai suivie une dame en début de travail qui  aurait aimé attendre le retour de son mari (le lendemain) pour accoucher. Je lui ai répété, qu'elle n'accoucherait pas avant son retour . Ce que je ne savais pas, c'est que ma collègue de la veille lui avait tenu le même discours.
Et au fur et à mesure de la journée, ses contractions se sont espacées pour enfin s'arrêter.
Elle est donc rentrée chez elle,  a retrouvé son conjoint et est revenue accoucher le soir....

   Des exemples comme celui-ci, il y en a plein. Que ce soit sur une date d'accouchement, un besoin de pause dans le travail avec arrêt puis reprise des contractions quand la mère l'a souhaité, un bébé qui ne descendait pas avant que sa mère lui demande, un col qui résiste car la mère ne peut "laisser son bébé naître" pour diverses raisons, etc...
Aujourd'hui, je peux aussi rajouter mon exemple :  pour diverses raisons matérielles et perso, je ne voulais surtout pas accoucher après le 23 janvier. C'était la dernière limite. Ma fille aura donc 1 an le 23...ça ne m'étonne pas, sachant que je faisais souvent les choses à la dernière minute.

On peut dire ce qu'on veut, pure coïncidence ou pas, en tout cas, j'y crois bien plus qu'au pouvoir  de la lune...
Alors n'hésitez pas, parlez à votre bébé avant, pendant le travail...

Je finirais sur une remarque que j'ai beaucoup aimé d'une sage-femme :  elle ne parle pas de  " faux travail" mais explique que  l'un (bébé ou maman) est surement prêt pour la naissance alors que l'autre non.


(sur ce, je vais me coucher, j'ai un  peu de mal à écrire ce soir..)
par Llythie publié dans : llythie : mon boulot
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Mardi 8 janvier 2008
...Bonne Année 2008 !!

Devant tous ces gentils commentaires, je me devais de ne pas abandonner mon blog..même si je commençais à y songer, parce que je ne me sens plus totalement libre d'écrire.

Mais je vous dois bien encore quelques articles...;)

Récemment,  j'ai suivi une primipare qui ne parlait pas ma langue. Les détails sont un peu flous car ça date mais pour résumer, elle se dilatait vite, donc avait mal. Je crois qu'elle avait la péri.
Elle arrive donc au moment de l'expulsion, la tête commence à sortir, le périnée à s'amplier ("s'ampli quoi?")...en fait il moulait la tête du bébé. Je n'interviens pas.
Et Gynéco qui était là (et qui parlait sa langue) me dit "elle veut qu'on coupe", "elle sent".
Je pense que Gy. a vu mon air surpris et m'a donc dit "je vais le faire".
Effectivemment, ce n'est pas moi qui ait coupé, ce n'est pas moi qui ait suturé.

Si je vous raconte cela, c'est parce que ça fait débat dans ma tête, pas forcément pour cette épisio mais pour tout le reste, toutes nos interventions autour de la naissance :
La dame a eu ce qu'elle voulait donc c'est tout ce qui compte? Oui mais peut-être qu'elle aurait pu avoir mieux sans épisio?
Doit-on prendre dans ce genre de cas, la décision pour la patiente? Si on respecte son choix, tout en sachant qu'elle le regrettera, faisons-nous bien notre travail? Si on ne respecte pas sa volonté sur le coup car on est persuadé du bien fondé de notre démarche, ne devenons-nous pas alors les tout-puissants hyper-interventionnistes?

J'exagère un peu mais je tourne un peu en rond avec ces questions. Episio, péri, synto, RAM (rupture des membranes), quand il n'y a pas de réelle patho, qui décide ?

J'aimerais beaucoup avoir vos opinions là-dessus.
par Llythie publié dans : llythie : mon boulot
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Vendredi 14 décembre 2007
Récemment en suites de couches, j'ai fait le tour du soir.
Je suis rentrée dans une chambre une femme  avait le cafard. Maman de plusieurs enfants, le soir l'angoissait, être loin des siens lui pesait. Elle était fatiguée, avait besoin de pleurer et de vider son sac.
Je l'ai écoutée. Je lui ai dit qu'elle n'était certainement pas une mauvaise mère, que oui elle pourrait aller au resto avec son mari et son nouveau-né bientôt, que je comprenais qu'elle se "néglige" au profit du bonheur de ses enfants.
Elle était  aussi partagée entre l'envie de mettre son enfant à la pouponnière et  une certaine culpabilité "je suis une mauvaise mère si je le mets là-bas". Elle n'osait pas mettre la télé trop fort (donc ne suivait pas), était gênée quand son bébé pleurait, par peur de déranger.
La nuit d'avant, son bébé était sous photothérapie. Elle entendait pleurait et se demandait si c'était lui. Elle n'osait pas "déranger" mes collègues à venir voir. Elle n'a donc pas dormi à stresser si ct vraiment son bébé qui pleurait ou non...
Voilà, elle me racontait tout ça et pour mieux la comprendre, je me mettais à sa place,  pour pouvoir lui offrir les mots les plus justes.
Le seul problème : l'émotion qui a tendance à monter.
Vite, vite se ressaisir et se dire qu'on est folle.


Mais ça ne m'a pas empêché de recommencer un autre jour avec une dame, hyper angoissée de savoir si son petit n'avait pas faim, avait suffisamment  tété, de se demander pourquoi il pleurait, est-ce qu'il ne faudra pas lui donner un complément, etc... Et pendant que je discutais avec elle, son bébé s'est endormi dans ses bras .
Je l'ai donc rassurée puis aidée à s'installer dans son lit avec son bébé, je les ai bordés et je suis repartie.
Mais j'ai bien senti l'émotion pas loin.

Au moins, elles ont pu dormir.

Evidemment et heureusement, ce n'est pas comme cela tout le temps. Et si j'ai l'impression d'apporter aux femmes une écoute au moment où elles en ont besoin, je me demande si un peu plus de distance ne leur serait pas plus bénéfique ?

par Llythie publié dans : llythie : mon boulot
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Jeudi 6 décembre 2007
Elle me demande au téléphone s'il faut venir car bien qu'ayant de fortes contractions depuis un moment, elle n'a pas perdu les eaux.
Je réponds oui et en raccrochant, j'entends qu'elle dit "ça pousse"
Mince aucune possibilité de la rappeler.
Elle accouchera 30 secondes après son arrivée, juste le temps de se déshabiller.
"Au fait, votre nom c'est comment ? "


Nuit : elle arrive, col  2 doigts très justes.
J'appelle l'anesthésiste car je me doute que ça va aller vite. Il souhaite attendre les résultats du bilan qui vient de partir. Je lui dit que ça sera prêt dans 3/4 d'heure.
3/4 d'heure après l'anesthésiste arrive....elle vient de sonner, elle pousse...
"Elle a dégainé plus vite que moi". Humour nocturne...;)

On m'appelle car je suis la plus proche. Je l'entends pousser sur le fauteuil roulant...
10 minutes après, son bébé est là.

On peut dire que ça a l'avantage de mettre tout le monde de bonne humeur.


par Llythie publié dans : llythie : mon boulot
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