Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Recommander

Jeudi 22 novembre 2007
En ce moment, c'est plutôt calme.
Au début je désespérais d'avoir des accouchements simples puisque j'ai commencé par une ventouse, suivie d'accouchements avec expression utérine intense....Ces accouchements me renvoyaient une certaine violence, une certaine barbarie. J'avais beaucoup de mal à voir ces femmes accoucher de cette façon. Sans doute le choc entre le doux souvenir de mon accouchement et la dure réalité pour certaines...C'était difficile et c'est peut-être aussi pour cela que j'avais du mal à retrouver ma motivation.
Et puis une dame est arrivée à dilatation complète, une premier bébé, qui gérait super bien, qui prenait même le temps de sourire aux plaisanteries  entre les contractions. Oui, les plaisanteries, j'arrête pas, mais c'est pour détendre l'atmosphère, stt que je n'ai rencontré que des gens sympas...
Bref, elle a a ccouché vite et bien. Je n'ai pas suturé ses éraillures et je suis passé toutes les 5 minutes après la délivrance car ça saignotait un peu.
Et m'excusant de ces intrusions à répétitions, le papa m'a dit qu'il trouvait cela plutôt rassurant. Tant mieux alors.
A la fin du séjour, la papa m'a même demandé si j'accepterais une invitation à une sorte de "pot". Je lui ai dit que j'aimerais bien. Mais je me retrouve partagée entre le fait de me dire qu'après tout, nous sommes dans une société assez froide et fermée et qu'il n'y a aucun mal à lier connaissance, et le fait de me dire que les parents sont dans un moment euphorique, que je n'ai fait que mon travail et qu'on ne doit pas aller plus loin.
Il y a eu d'autres dames sympathiques et j'avoue que ça aide pas mal ! même si les éternels problèmes de médecins pas contents, protocoles abusifs, rentabilité des actes sont toujours présents...;)

Par Llythie - Publié dans : llythie : mon boulot
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 21 novembre 2007
Et oui elles sont au courant...
Evidemment, je m'en doutais que  ça arriverait. Je mettais promis de reprendre mes récits avant ça mais pas eu le temps. Et bien sûr, personne ne m'a rien dit. Peut-être attendaient-elles de voir ma réaction ? 
Bref, j'ai donc découvert que l'on était venu sur mon blog  depuis l'ordi de la mat et j'en ai donc parlé à une de mes collègues  "houla, ça a fait du bruit ton blog...", une deuxième a confirmé, une troisième...
Bon, soit.
Je suis donc allée voir ma surveillante, qui de toutes façons allait m'en parler.
J'ai donc décidé de rendre invisible mes gardes écrites antérieurement, le temps de les réétudier. D'abord je ne veux pas me censurer, ensuite je ne veux pas non plus les effacer. Donc elles sont justes cachées et de temps en temps, j'en relirai une et s'il n'y a aucune mot de travers, elle redeviendra lisible....

Pourquoi?
Parce que  tant que l'adresse n'était pas connue, je restais inconnue (haha)
Parce que si l'une de mes collègues venaient à dire "tiens une sf de la mat où je bosse écrit un blog..." son interlocuteur saurait alors où je travaille et lui ne serait pas forcément  soumis au secret professionnel.
Aussi parce que déontologiquement, je n'aurais pas le droit de râler sur telle collègue, tel médecin...

Et si Josiane tombait sur toutes mes petites phrases assassines...? J'ai changé et aujourd'hui, je me dis que ça serait lui faire du mal pour rien (même si certaines de mes collègues sont bien d'accord avec mes écrits...;) )

Pour finir, je ne me reconnais plus dans ces écrits....reflets d'une période de déprime pour moi. Je n'ai plus envie de râler ;)


Par Llythie - Publié dans : llythie : mon boulot
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Jeudi 8 novembre 2007
Je réfléchis encore et encore...
Dois-je continuer à vous raconter mes gardes? J'ai commencé pour montrer qu'une sage-femme ne fait pas  qu'un métier super où on voit des bébés toute la journée,  pour bien montrer que lorsqu'on fait une pause, ça n'est pas forcément la 10ème de la journée...
Expliquer un peu le quotidien d'une sf, c'est ce que j'ai fait.
Si je continue ,ne pourrait-on assimiler cela à du voyeurisme?
Et surtout, la reprise est difficile car je dois reprendre un rythme qui n'est plus le mien depuis 1 an. Et recommencer en critiquant le boulot n'est pas la solution !!

Je me donne donc quelques mois pour retrouver ma motivation d'avant. Pendant ce temps, je vous raconterais quelques anecdotes professionnelles, quelques nouvelles personnelles mais plus des gardes complètes. Il faut bien reconnaitre qu'à l'heure de ma reprise, ma priorité n'est plus au boulot !


Et pour ne pas vous  laisser sans rien, voici un blog récent créé par une sage-femme également. Je ne sais pas ce que ça donnera mais voici l'adresse : doudou 

Mais je ne pars pas hein !! De toutes façons, j'ai déjà envie de raconter plein de choses...

(j'édite car une partie de mon message a sauté) : En fait, quand je relis mes anciennes gardes, je me demande si ce n'était pas un peu présomptueux de ma part de penser que je pouvais faire mieux que les autres,  d'essayer d'encourager les femmes dans une voie que je pensais la meilleure pour elle. J'ai vraiment l'impression d'avoir changé ma façon de voir les choses, peut-être parce qu'avant j'étais un peu aigrie de ne pas avoir d'enfant? Peut-être parce que toutes ces hormones que je devais m'injecter avaient une action quelconque sur mon état d'esprit ?
Bref, ce que j'ai écris, je l'ai  pensé un jour c'est sûr. Mais aujourd'hui, c'est un peu comme si je recommençais à zéro.
J'aimerais toujours que les femmes aient le meilleur accouchement possible, ce qui veut dire, qu'elles ne regretteraient rien. Mais je pense que le travail doit se faire en amont.

Alors voilà, une nouvelle Llythie, un nouvel hôpital, de nouveaux collègues...
Par Llythie - Publié dans : Mes humeurs
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 5 novembre 2007


Voilà, première naissance depuis  longtemps. ça m'a fait très bizarre de retrouver tous ces gestes.  Je ne sais pas si c'est parce que c'est le début, mais je n'avais envie de prendre aucun risque,  je veux dire de prendre sur moi  pour essayer que la femme ait le meilleur accouchement possible en mon sens. Je ne sais pas trop comment expliquer.
En fait, je n'avais qu'une envie, rentrer chez moi.

Hier a été très calme avec un accouchement à la relève par ma collègue. J'ai pu profiter pour visiter  le bloc.

Les locaux sont vraiment mieux. L'organisation du service aussi. Les couloirs sont grands mais ça oblige à mieux s'organiser à moins être tête en l'air (enfin pour ma part).
Malheureusement, la paperasse est toujours là, alors j'essaie d'être la plus rigoureuse possible mais je sais que j'ai du oublier un tas de trucs encore! Vendredi était brouillon (stt au niveau papiers).
C'est un peu comme si je débarquais dans une nouvelle maternité.
Les collègues sont sympas, on travaille différemment donc on voit moins sa collègue sf (voire pas du tout) et on voit plus l'ap. Mais du coup, on se marche moins dessus, on travaille plus en équipe. C'est l'impression que j'ai eu en tout cas. Il faut voir au long terme, je vais certainement retrouver mes vieux réflexes qui consistent à venir râler ici ;-)

Ce soir je fais  la nuit et mes nouvelles résolutions pour mon travail sont :
- être plus rigoureuse, essayer de ne rien oublier, rien négliger
- ne plus dénigrer le travail de mes collègues car je ne suis pas parfaite et pas meilleure
- travailler sans rechigner à la tâche (bon, on verra si je tiens quand je serais fatiguée et déprimée !!)
- faire mes papiers au fur et à mesure et même de les avancer
Par Llythie - Publié dans : llythie : mon boulot
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Samedi 3 novembre 2007
....enfin par vous, uniquement. !!

Ma première garde, doublée.
Je suis arrivée par l'entrée de service que j'avais repérée. Au moment d'ouvrir la porte : mince, il faut une carte.
Je contourne l'obstacle par une porte restée ouverte à côté et j'arrive aux vestiaires : mince il faut une carte. Du coup je remonte dans le service pour en emprunter une : mince il faut une carte.
Bon, ben je sonne.
Me voilà donc en possession de la fameuse carte. Je redescends les escaliers et me dirige vers les vestiaires. Nos blouses propres sont dans des petits casiers bleus, fermés par un cadenas à code. Le mien est toujours ouvert.
Oui, mais quel est le mien déjà?
Bon, c'est pas grave, le papier avec le numéro de casier et son  code est dans mon casier gris , celui où on met ses affaires.
Oui mais les casiers gris ont changé et mon nouveau casier est vide...
Bon je retourne vers les casiers bleus. Je crois repérer le mien mais il est fermé.
Remarche arrière vers les nouveaux casiers en espérant que l'un soit ouvert avec des blouses dedans. Celui de Sarah l'est, ouf des blouses, ouf ma taille.
Marine m'avait bien réservé mes chaussures lors du déménagement, elles les a mise dans mon casier.
Mais ce ne sont pas les miennes...enfin je crois. Bon, c'est ma pointure et après qqes hésitations, je les enfile et remonte dans le service.
Jusque là tout va bien. Je n'avais pas trop stressé pour ma garde avant, je pensais surtout à l'adaptation nounou, première vraie journée.
"ça va? Et ta fille elle va bien?"
"oui oui ça va, là ma fille est chez la nounou...."les larmes montent.

Bon allez, on se reprend.

Je peux parler de moi, pas de soucis, mais dès que je dois parler de ma fille, pfiouuu c'est dur, je pensais pas. Je suis pourtant partie de la maison, plutôt sereine.
Je préfère donc ne pas y penser..Mais je me surprends à regarder constamment l'heure.
Il y a un peu de travail, ça va passer vite.
08h40....09h....09h10...09h40...bon ben c'est pas très rapide tout ça.
Par Llythie - Publié dans : llythie : mon boulot
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Lundi 15 octobre 2007
On me pose souvent la question. Pourquoi ne pas me mettre en libéral et "pratiquer" des AAD (accouchements à domicile) ?

Encore récemment je recevais un mail qui me posait la question.

En fait, le libéral, ça n'a rien à voir du tout avec ce que je fais actuellement.

1. Pour gagner un bon salaire, il faut beaucoup travailler, pour rentabiliser les investissements (matériel médical qui coûte cher, location de local professionnel, assurances en tout genre...)

2. L'activité n'est pas la même, avec beaucoup de rééducation périnéale, de monito à domicile, un peu de prépa, peu de consultations de grossesse.

3. Il faut des formations : pour la rééducation, pour la prépa si on veut qqe chose de particulier, pour l'AAD

4. Qui me payerait mes futurs congés maladie ou de maternité ? ;)

5. L'AAD c'est compliqué : oui et non. Un accouchement peut vous amener à rester éloigné de chez vous plus de 24 heures, ça perturbe encore plus la vie de famille, cela nécessite je pense une formation plu sou moins longue, pour ma part j'aimerais avoir vu plus de choses côté obstétrique à l'hôpital, côté accompagnement des femmes...
Bref, j'ai encore tellement de choses à apprendre que je ne me sens pas prête. Et le confort matériel de la petite salariée que je suis m'est encore utile.
Un AAD tout compris "rapporte" 150 euros à la sf. Et il est difficile, voire impossible d'en avoir 10 par mois (une consultation c'est 15.30 euros)...

Voilà tous les contres. C'est une activité complètement différente de celle que je fais actuellement et qui ne m'attire tout simplement pas encore !



Par Llythie - Publié dans : llythie : mon boulot
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 1 septembre 2006
02h45 elle arrive car elle a des contractions depuis 17h la veille.
C'est son deuxième enfant. Elle est accompagnée de son mari, tous sourires tous les deux....entre 2 contractions.
Elle est à 4-5 cm à son arrivée. Mais un bébé tellement haut...
Il a été en siège tout le long de la grossesse et elle devait revoir le gynéco dans 2 jours pour décider d'une césarienne si c'était toujours un siège. Mais là c'était une tête.
Mais une tête tellement haute...

Ce bébé pouvait encore largement se retourner je pensais, ou tout au moins présenter son épaule, se mettre de travers, comme cette femme il y a 2 semaines et qui a du avoir une césarienne à 4cm.

A chaque contraction elle a mal, mais après chacune elle rigole à nouveau.

Elle veut bien une péridurale mais quand je lui dis que peut-être il n'y aura pas le temps, elle me dit que c'est pas grave, c'est la nature.
Elle a de plus en plus mal. Ce bébé est toujours très haut. La dilatation se fait, mais sans bébé derrière. Alors j'appelle l'anesthésiste.

05h30, la péri est posée, la dilatation est à 7-8cm (on en fait ce qu'on veut, elle pourrait être à 10 si bébé était là).
Elle s'inquiète de savoir si la femme dans l'autre salle va bien, l'anesthésiste ayant décrété en arrivant qu'une seule femme aurait une péri car c'était la nuit.

Son mari est toujours présent, tous sourires, impatient et entourant sa femme.

Mais je dois leur expliquer : votre bébé est trop haut. Si ça continue, si jamais elle ne descend pas, à un moment il faudra décider d'une césarienne, même si ça n'est pas encore le moment.
Alors je leur demande de raconter à leur fille qu'elle doit descendre, au moins un peu. Qu'il faut absolument qu'elle descende pour naître.

Je les laisse lui raconter tout cela.

06h45 je retourne examiner cette femme.
Sa fille a amorcé la descente. Je romps la poche des eaux en maintenant le bébé pour encourager encore plus la descente dans le bassin.
Puis je leur explique que tout n'est pas gagné car maintenant il faut qu'elle descende complètement pour naître. Ils doivent continuer de l'encourager.

Je sors examiner une dame dans le service et j'entends qu'on m'appelle : elle pousse.

Sa fille a fait le plongeon, elle est là, prête à naître.
Je demande à la mère si elle voudra l'attraper. Elle refuse. Alors je demande au père qui accepte le sourire jusqu'aux oreilles.

Elle aura poussé 4 fois. La tête est sortie, puis l'épaule et le papa a continué.

Je regarde l'horloge. Il est 07h11

Elle est là

Khedidja


Après des centaines de remerciements (mais de quoi?) je rentre chez moi, heureuse.
Par Llythie - Publié dans : mon boulot avant ma (re)naissance
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 22 février 2006
Hier, mardi en février

J'arrive, une femme est à dilatation complète. Collègue l'a suivie toute la nuit et j'avoue que j'aurais bien aimé qu'elle reste pour l'accouchement. Mais elle doit rentrer s'occuper de ses enfants.
La femme avait une péri et était à dilataion complète depuis 07h30. Elle laissait le bébé descendre.

09h00 Il a fallu commencer à pousser.
Elle ressentait un peu mieux les choses, l'effet de la péridurale s'estompait.

Au bout de 25 minutes d'efforts, je voulais que Gynéco soit à portée de main. Il y avait une ou 2 décélération mais rien de méchant. Gynéco était donc là lors des derniers efforts. Elle savait pourquoi j'avais besoin d'elle à côté.
Le périnée craquerait forcément.
5 minutes d'efforts en plus et la "petite" était là : 4100g. Une déchirure vaginale (bien moins que ce que j'aurais pensé) que la gynéco a bien voulu recoudre.

09h00 c'est aussi l'arrivée d'une autre dame, primipare, à 5cm que j'ai directement mise en salle d'accouchement. Linette a bien voulu me la perfuser et mettre le monito avant de partir (vu que moi j'étais sur l'autre accouchement)
Elle s'est dilatée vite. Elle n'a pas eu de péridurale, ne l'a pas réclamée en arrivant et de toutes façons, entre le bilan à attendre, l'accouchement et sa dilatation, nous n'aurions pas pu la mettre. Les décisisons, il faut les prendre sur le coup. C'est sûr qu'après, on peut toujours se dire "on aurait pu..."

11h30 il restait à peine du col en antérieur, souple et la femme commençait à en avoir marre d'attendre. j'ai essayé de la faire pousser pour voir ce que ça donnait. la poche des eaux était intacte, elle poussait bien, le col passait.
Mais l'envie de faire caca, la peur de faire, était plus forte et ça l'a bloquait complètement. Elle s'excusait à l'avance mais ne pensait qu'à ça...alors qu'elle ne faisait pas.

12h00 Sur une contraction, j'ai rompu la poche au doigt pour , je pensais alors, que le bébé appuie plus et qu'elle ne puisse plus se retenir de pousser. Ca l'a faite beaucoup rire.
Rompre au doigt, ce n'est possible qu'en travail, sur une contraction, vous sentez la pression sur cette poche et vous appuyez dans l'autre sens : ça "explose" et ça met de l'eau jusque de l'autre côté de la salle. C'est bête mais j'aime bien. Je ne le fais comme ça qu'à dilatation complète.
Bref, elle poussait bien mais se décourageait vite.

Et puis à un moment, elle a basculé dans le découragement "je n'y arriverait pas, coupez moi le ventre, coupez moi le vagin, sortez moi ce bébé". Et je n'ai jamais réussi à la raisonner : "on attend?" "vous poussez?" "on change de position?"

Elle avait mal aux lombaires, au bassin, sciatique, crampe...tout y passait.
Jusqu'à 13h j'ai essayé de la raisonner, de l'encourager, de l'engueuler, tout, j'ai tout essayé et je me suis dit que je devrais rappeler Gynéco car moi je ne savais plus quoi faire ni dire.
Gynéco est arrivé sans que je lui demande, l'a examinée, le bébé a décéléré. On lui a mis l'oxygène, elle ne voulait pas le garder. On voulait la mettre sur le côté gauche, elle ne voulait ou ne pouvait pas à cause de ses douleurs: césarienne en urgence pour souffrance foetale.
Heureusement, tout le monde était là (au bloc), même le pédiatre n'a eu qu'à monter et il était déjà au bloc quand je suis arrivée. La dame a eu une anesthésie générale tellement elle était peu coopérante.
13h25 un garçon de 3460g qui allait parfaitement bien.
Je comprenais sa douleur et son mal-être, mais je pensais à son bébé plus que tout. Peut-être que le 4 pattes l'aurait soulagée? Mais je n'ai jamais pu me résoudre à essayer cette position.

Pourquoi une césarienne? le bébé était haut, il aurait fallu qu'elle pousse pour un forceps, qui aurait été bien plus traumatisant pour l'enfant, parce qu'au fond de moi je sais qu'elle n'aurait jamais poussé, il aurait fallu que je monte sur son ventre. Non merci.

La dame est revenue dans sa chambre dans l'après-midi : "la prochaine fois, je demande une césarienne directement, c'est bien mieux."
Bon bah si elle est contente, c'est l'essentiel.
Par Llythie - Publié dans : mon boulot avant ma (re)naissance
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 18 février 2006
Bonjour à tous

Me voilà donc ici pour reprendre mes aventures hospitalières...

Jeudi

J'ai fait le jour.
Il y avait du boulot et j'ai préféré prendre les suites de couches même si j'ai du courir partout et faire quelques consultations pendant que Collègue était occupée sur des accouchements.
J'aurais pu faire la salle mais je voulais reprendre à un moment tranquille pour être soutenue si besoin et surtout je savais que vendredi, Collègue me ferait prendre la salle.

Vendredi nuit

    Collègue me dit tout de suite qu'elle a fait exprès de me laisser la salle mais qu'elle serait là si besoin.
J'avais vu juste ;)
2 dames sont en attente : une qui était déclenchée je ne sais plus pour quelle raison non-valable et qui devrait l'être le lendemain suivant ce que dira le médecin, malgré le fait que l'on trouve cela inutile.
    Une autre femme était là pour suspicion de rupture. C'était un premier bébé et avait qqes contractions. Le monito du soir est bon, je l'ai laissé longtemps.... Il faut dire que suite aux évènements précédents, je suis beaucoup moins rassurée.
Elle m'a rappelé dans la nuit pour me dire que ses contractions s'étaient rapprochées et elle ne savait pas si elle devait me le dire.
Collègue voulait que je lui donne un suppo de salbu (pour arrêter toutes les contractions qui ne servent à rien) et un comprimé de somnifère. Avant, je l'aurais donné sans problème, maintenant j'ai la hantise de ce qui pourrait se passer plus tard donc je ne voulais pas lui donner.
J'ai donc donné le suppo en disant à la dame qu'on attendrait de voir si le bébé va bien pour prendre la moitié du cachet.
Le bébé allait bien et les contractions s'étaient espacées. Je lui ai donc proposé de ne prendre aucun cachet et de se reposer. Elle ne me rappellera pas de la nuit.

A  0h50 , une deuxième pare arrive : elle voudrait qqe chose pour les douleurs et repartir. Elle avait peu de liquide amniotique (diagnostiqué avant)
Mais ça ne se passe pas comme ça madame ;) Elle a eu droit à un monito de 1 heure. Elle est arrivé à 1 doigt large avant le monito et était à 2 doigts justes après. ca s'était donc modifié un peu et elle avait des contractions douloureuses.
J'ai préféré la garder en lui disant que sinon elle risquait de revenir très vite.
"Avouez que vous regrettez d'être venue" Oui.

A 03h20 elle est à 3-4 cm.
Je lui indique que si elle veut une péri, ce serait bien d'y aller maintenant car après ça risque d'être trop tard. Mais aller en salle tout de suite et y rester plusieurs heures l'embêtent. Là, je me dis qu'elle ne veut peut-être pas la péri en fait.
Le temps d'une douche et elle me rejoint finalement. Elle est à 5cm quand j'appelle l'anesthésiste.
"-Vous voulez pas faire sans péridurale?
- Si vous voulez"
Oui je veux mais non ce n'est pas moi qui décide. J'ai hésité c'est vrai, mais encore bouleversée par samedi, je n'ai pas pu faire ce choix et l'assumer pour elle. j'ai donc appeler l'anesthésiste en espérant que ce soit trop tard.
L'anesthésiste est vite arrivé, la dame est passé à 7cm. J'en ai parlé à l'anesthésiste (vraiment je suis désolée mais à moins de faire une toute petite dose, il vaudrait mieux pas). Je veux bien être bouleversée mais je ne suis pas folle, j'aurais juste essayé...;) !
Puis vint le moment de pousser : j'ai tenu le capteur comme jamais, je ne voulais pas lacher le coeur du bébé ne serait-ce qu'une seconde.
La maman a commencé à paniquer et ne plus vouloir pousser. Son bébé avait fait une décélération mais allait super bien après. En d'autres temps, j'aurais attendu un peu, changé de position, à 4 pattes directement. Oui le 4 pattes, c'était la position qu'il lui fallait, mais le 4 pattes c'était aussi la position de la dernière fois.
Sur le côté puis sur les cale-pieds, elle n'était pas très bien, cela faisait 25 minutes, j'ai appelé le médecin. Parce qu'on était samedi matin et qu'il y avait eu un autre terrible samedi avant celui-la.
Au moment où il mettait la ventouse, la femme retrouvait la force de pousser. Comme on se disait : c'était plus une ventouse psychologique qu'autre chose ! ;)
05h47 c'est une fille de 2810g, en pleine forme.

A l'heure où j'écris ces quelques lignes, je suis émue. tant de similitude entre ces 2 femmes formidables, tant de points communs. Dès son arrivée, j'ai compris que ce serait le même type d'accouchement, que, moi qui croit en Dieu, elle était là pour m'aider, pour me redonner des images positives de naissance.
Un même contexte, 2 fins différentes.

Il me faudra du temps pour reprendre confiance.

Vous voyez mesdames, quand une sage-femme vous attache à un monito et médicalise bcp votre accouchement, c'est peut-être parce qu'elle vient de vivre un décès maternel ou foetal....
Par Llythie - Publié dans : mon boulot avant ma (re)naissance
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés