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Jeudi 14 mai 2009
Le week-end dernier, j'apprenais qu'une de mes collègues avait déclenché une dame grâce à la sophrologie.
Je me suis dit "wahouu, incroyable". Et du coup j'avais plein de questions.
Et comme j'ai l'âme généreuse, je partage mes infos...;)
Voici donc ce qu'elle m'a écrit suite à mes questions :

"Le déclenchement sophro peut se faire dans tous les cas : faux travail à répétition par exemple car ça lève des verrous; pour un déclenchement classique sur dépassement de terme ou patho non urgente; pour les RPM; sur les utérus cicatriciel si on on ne  peut les déclencher autrement...Il n'y a pas de contre-indication si on respecte le temps de pause de 10 minutes avant de refaire l'exercice.
La femme peut avoir fait ou non une préparation sophrologique à l'accouchement, il suffit parfois d'avoir fait une rapide initiation avec elle avant si elle est perméable à la sophro (celà étant dit la grossesse favorise la sophronisation...).
C'est un exercice qui se fait sur 15-20 minutes et on peut le répéter une fois au bout de 10 minutes de pause, mais ça peut marcher du premier coup si on s'en sert pour régulariser les CU par exemple. Les CU régulières et efficaces s'installent dans les minutes qui suivent l'exercice qui se base entre autre sur la respiration, la posture et des notions de physiologie.
une fois les contractions lancées, la femmes peut pratiquer la posture du bouddah pour gérer au mieux les contraction et pour favoriser le relâchement utérin entre les CU et le relâchement musculaire global qui favorise le travail.
Une fois le signal de contractilité relayé par le cerveau, même si la femme ne parvient plus à gérer les CU en sophro, elle peut être prise en charge de façon classique une fois le travail lancé, cela n'arrêtera pas le travail.
Les femmes n'étant pas toutes réceptives à la sophro ( les sceptiques, les grandes stressées...), cette méthodes de déclenchement ne peut pas convenir à toutes... mais ça vaut le coup d'essayer car il y en a pour qui ça marche ( sur 4 déclenchements tentés en sophro, 3 réussites...). Et le plus beau là dedans c'est qu'on peut faire bien des choses grace à la sophro.

mais tu peux pas conseiller aux femmes de demander ce type de déclenchement pour remplacer un déclenchement médicamenteux car ça se décide au cas par cas , le moment venu. Et en plus toutes les sages-femmes meme formées en sophro ne le font pas car ça demande au minimum une heure de présence permanente auprès de la femme, ce  qui n'est pas toujours possible en pratique."

Par Llythie - Publié dans : Informations médicales (peut-être) utiles - Communauté : En attendant bébé
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Jeudi 7 mai 2009
Je prenais ma garde et croisais ma collègue que je relevais dans le couloir. Une femme était là à attendre, à genoux, accompagnée d'une amie. Elle devait être en travail mais pas très avancé.
On discutait avec ma collègue et l'amie nous a interpellées.
Je suis allée voir : une tête était en train de sortir !!
Le bébé est né mais visiblement très petit. je ne connaissais rien de cette dame mais son petit était visiblement prématuré. Je l'ai mis direct contre son torse en attendant ma collègue partie chercher un brancard.
Et quand j'ai à nouveau baissé les yeux, 2 autres bébés plus petits, siamois par la main dont l'un avait une malformation du bas du dos, venaient de naître à leur tour ! Je n'ai pu retenir un cri, ce qui a aussi effrayé la maman.
Des triplés dans le couloir !
Vite, appeler la pédiatre et le service des urgences (un numéro direct à composer en cas d'arrêt cardiaque/respiratoire ou autre gros truc dans l'hôpital !).
Les deux derniers n'ont pas survécu.
Le médecin des urgences est venue m'engueuler parce que la femme allait bien et qu'on l'avait appelé pour rien. Non sans mal, j'ai pu lui expliquer que je l'avais appelé pour le prématuré qui avait du mal à respirer et que je n'aurais pas su intuber, la pédiatre n'étant toujours pas arrivée...
Je vous passe le fait que je ne savais plus où étaient les bébés....
Et je me suis réveillée.

Voilà le genre de rêve quand je suis en vacances, pfff....
Par Llythie - Publié dans : Etre sage-femme, c'est aussi...
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Lundi 4 mai 2009
        A l'entrée à l'école de sage-femme, je ne connaissais rien de l'obstétrique, rien des sages-femmes, rien de l'hôpital, rien de la naissance.
Comme beaucoup de femmes, l'accouchement était pour moi un passage douloureux à ne subir qu'avec une péridurale.
Alors les 2 premières années, on apprend (ou on essaie) ce qu'on nous enseigne. On répète ce qu'on a entendu en cours ou en stage, sans trop connaître les tenants et les aboutissants.
Et puis on entend le discours d'autres. Il y a comme un décalage. On ne comprend pas trop pourquoi elles veulent faire ou penser différemment.
On cherche à comprendre et si on a la chance, on fini par comprendre.

       Je me suis donc intéressée à la naissance naturelle, physiologique, non-médicalisée. J'avais envie de bébé moi aussi et je voulais stt vivre ça le plus naturellement possible. j'ai beaucoup lu de récits de naissances à domicile -toujours passionants- et qqes récits à l'hôpital -souvent les mêmes-.
Mais notre enfant se faisait attendre. Et je voulais donner aux femmes ce que je ne pouvais avoir et ce que je pensais être le mieux. Les pousser jusqu'aux bouts de leurs limites pour qu'elles soient fières d'elles, pour que jamais elles n'aient de regret. Je voulais leur donner le meilleur d'elles-mêmes et donc je prenais beaucoup sur moi, je prenais des risques ?
Si on respectait la nature, ça ne pouvait qu'aller. S'il y avait un problème, c'est qu'on s'était trompé qqe part, qu'on n'avait pas respecté les conditions primaires.
C'est aussi pour ça que la naissance de ce petit ange m'a tant choquée : une naissance non médicalisée, sans aucune intrusion, un couple en harmonie, une femme dans sa bulle....mais pas d'enfant à voir grandir.
J'ai continué non sans mal.

       Et puis j'ai eu ma fille, avec la naissance dont je rêvais. L'accouchement le plus merveilleux qui soit.
Je suis revenue travailler.
Et j'ai beaucoup réfléchi sur ma pratique.
Aujourd'hui, je suis plus pondérée. Je ne veux pas me battre pour chaque patiente. J'ai envie de dire "à chacune son combat". C'est dommage de vivre avec des regrets mais je ne veux plus prendre des risques pour leur futur qui ne sera pas le mien. Je pense qu'il faut donner l'information en amont.
Si une patiente veut un accouchement naturel, je lui donnerais le meilleur de moi-même et je l'aiderai au mieux. Si une patiente veut d'emblée une péridurale je lui demanderai avant chaque pose si elle ne veut pas continuer encore le chemin sans. Mais je n'insisterai plus forcément, je ne ferais pas forcément tarder les choses au maximum.
Si un rythme présente une bradycardie, je ne m'opposerai pas forcément à la conduite à tenir du médecin.
Je vois encore beaucoup de femmes avoir une césarienne programmée pour "rien" à mon sens, mais si elles ne se sont pas battues avant, que puis-je y faire à part demander pourquoi au gynéco?

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que cette phrase qui m'a servi de fil conducteur résonne encore en moi "la nature fait bien les choses...faisons lui confiance"
Oui mais il existe aussi des "erreurs de la nature" et surtout une certaine "sélection naturelle" devenue pas si naturelle que ça dans notre société de nos jours.

Alors je continue de chercher et de proposer le naturel aux femmes qui savent que la nature réserve parfois des surprises....
Par Llythie - Publié dans : Mes humeurs - Communauté : En attendant bébé
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Mercredi 11 mars 2009
On la déclenche pour terme dépassé. C'est un deuxième enfant qu'elle attend.
Le travail se fait plutôt vite. Elle perd les eaux à 5cm et ça s'accélère un peu. Elle me parle de péridurale, puis de se mettre debout car elle n'est pas bien dans cette position sur le lit.
Je l'aide donc à se mettre debout sur le lit, dont on ajuste la hauteur, pour qu'elle puisse se pencher dessus.
Le bébé descend et commence à pousser.

On parle toujours de l'importance de sa prorpre mère quand on devient soi-même mère. D'ailleurs pour la naissance, une représentation de la figure maternelle semble souhaitable. Elle rassure, accompagne, protège, transmet.

Elle a bien mal et elle me dit alors qu'elle aimerait appeler sa mère. Je pense un instant qu'elle risque d'inquiéter sa mère, que c'est la première fois qu'on me demande ça, que je pourrais lui répondre d'accoucher d'abord et qu'ensuite on l'appellera.
"Oui bien sûr, donnez moi son numéro."
Elle lui a parlé un peu, elle a pleuré un peu. Elle ne parlait pas français, je ne sais pas ce qui s'est dit mais ça m'a émue. Elle avait besoin de sa maman à ce moment précis, juste avant de donner naissance encore une fois.

Derrière ça a été vite, elle est remontée sur le lit quand ses jambes ne tenaient plus tellement. Elle n'a pas voulu rester autrement que demi assise, tournée de 3/4. Elle voulait qu'on appuie sur son ventre avec elle, qu'on lui tienne le genou de telle façon et pas d'une autre. Elle a poussé.
Le tête est restée longtemps, longtemps sur le périnée quasi à moitié sortie. On parlait même de couper.

3 heures après le début du déclenchement, sa fille est née, toute calme, de grands yeux ouverts sur sa mère.

Je suis sûre que ça aurait pu se passer autrement. On aurait presque pu poser une péri, on aurait pu couper pour accélérer la sortie, elle aurait pu être installée sur les étriers.
Mais la façon dont ça s'est passé, m'a touché.
Par Llythie - Publié dans : llythie : mon boulot - Communauté : En attendant bébé
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Dimanche 8 mars 2009
C'est drôle au début, je voulais écrire pour dire qu'enceinte, on avait tendance à perdre quelques neurones.
Un peu comme la fois où mon portable sonnait car la batterie était vide. Nous étions couchées et comme cela faisait du bruit, je me suis relevée. Je l'ai trouvé et l'ai enfoui sous une tonne d'affaires pour diminuer ce bruit.
Ensuite je me suis recouchée. Et mon amie me demande ce que j'ai fait. Je lui explique. "Mais pourquoi tu l'as pas carrément éteint ?" "aaaaah ouiiii, c'est pas bête...!!"

Mais je me souvenais plus d'autres anecdotes (d'ailleurs si vous en avez, partageons!! :) ).
Et récemment, une collègue m'annonce qu'elle est enceinte. Félicitations ! Elle est à un peu moins de 8 SA. Je lui demande par qui elle va se faire suivre, si elle va faire les échos, etc...
"ah oui, c'est vrai que je dois voir qqun pour la déclaration. Et je la fais où mon écho? tu crois que Mme C. (échographiste!!) fait celles des 12 SA?" Elle découvrait la grossesse sous un autre angle, j'aurais envie de dire avec des yeux tout innocents. ça m'a fait sourire et son émerveillement faisait plaisir à voir...
Par Llythie - Publié dans : Etre sage-femme, c'est aussi... - Communauté : En attendant bébé
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